Cimetière : un lieu d'histoire

Cimetière

 

 

 

Vous trouverez dans cet article une rétrospective de l'histoire des cimetières ainsi que quelques informations pratiques : conditions d'obtention d'une concession, durée, tarifs...

 

 

 

Mettre les morts en terre est une pratique datant de la préhistoire. La racine grecque du mot (koimêtêrion ou « dortoir ») décrit le cimetière comme un lieu de repos, en référence au sommeil des défunts.

Antiquité

Dans la Rome antique, il n’était pas possible d’enterrer ou d’incinérer les morts à l’intérieur de la cité : les cimetières étaient situés hors des villes, le long des axes de communication. Les premiers cimetières sont des lieux de sépulture souterrains : les catacombes. Chez les Gaulois, les morts sont enterrés en pleine terre, dans un linceul avec parures ou bijoux pour les femmes, mobilier funéraire et armes pour les guerriers. Ils pratiquaient également la crémation : après avoir fait bruler le corps sur un bûcher, les cendres étaient récupérées et placées dans des urnes qui étaient enterrées dans des puits funéraires.

Moyen-Age

En France, c’est à partir de Charlemagne que l’inhumation des défunts dans des cimetières est consacrée sous l’impulsion de l’église. De nouveaux rites funéraires se développent. Une législation ad’hoc se met en place. A partir du XIème siècle, il devient d’usage de se faire enterrer autour des églises afin de rester proche de Dieu. Les membres du clergé et de la noblesse se font inhumer à l’intérieur du lieu de culte. Les plus pauvres sont enterrés dans des fosses communes. Le cimetière devient un lieu religieux et consacré : les juifs, les suicidés, les hérétiques et les enfants morts sans baptême en sont exclus. Lieu de repos, le cimetière de cette époque est également un lieu de vie accueillant promenades et réunions, commerce et prostitution.

XVIIIème et XIXème siècle

A partir du XVIIIème siècle, l’inhumation au sein des églises est interdite. On s’attache à éloigner les morts des lieux de vie. A cette fin, on prévoit de déplacer les anciens cimetières à l’extérieur des agglomérations et de nouveaux cimetières sont ouverts aux portes des villes et des villages. Il s’agit concrètement de respecter de nouvelles mesures d’hygiène et d’empêcher les épidémies. C’est à la Révolution que les cimetières deviennent la propriété des communes.

Au XIXème siècle, les cimetières connaissent une nouvelle évolution : à Paris, afin de pallier au manque de place, quatre cimetières sont créés hors des limites de la ville de l’époque : le cimetière Montparnasse au sud, le cimetière de Passy à l’ouest, le cimetière de Montmartre au nord et le cimetière du Père-Lachaise à l’est. La loi autorisant la crémation est promulguée : le premier crématorium est construit au Père-Lachaise. A cette époque, les cimetières cessent d’être religieux pour devenir laïques : désormais, tout le monde peut y être inhumé. C’est également à partir du XIXème siècle qu’il faut acquérir une concession afin d’être inhumé.

Les concessions

En France, la durée d'une concession s'étend sur 10 ans, 30 ans, 50 ans ou à perpétuité. En fonction de la durée, les tarifs évoluent : par exemple, en région parisienne, le prix des concessions s'élève à 396€ pour 10 ans, à 1355€ pour 30 ans, à 2123€ pour 50 ans, et à 7486,61€ pour une concession à perpétuité. Pour obtenir une concession dans un cimetière, trois impératifs sont à respecter : il faut résider dans la commune ou se trouve le cimetière concerné, être décédé dans la commune ou déjà disposer d'une concession familiale au sein du cimetière. 

Les cimetières actuels

Aujourd’hui, on dénombre environ 43500 cimetières en France métropolitaine. Dans chaque commune, c’est la mairie qui est en charge de la gestion et de l’entretien du lieu. Ainsi, des travaux de cimetière peuvent être entrepris, notamment lorsqu’une tombe est abandonnée. Elle pourra ainsi accueillir une nouvelle sépulture et les différents ornements qui l’accompagnent (fleurs de deuil, articles funéraires…). 

L’évolution des cimetières au cours du 20ème siècle a été marquée par un changement des pratiques, notamment avec le développement de la crémation et la multiplication des colombariums. Les cimetières d’aujourd’hui présentent différents types de sépultures. Certaines communes aménagent des carrés confessionnels destinés aux inhumations et aux rites funéraires spécifiques à certaines religions. Le souci du respect de l’environnement a fait apparaître un nouveau type de cimetière : le cimetière écologique, lieu privilégiant le végétal et les matériaux recyclables. Dans ce nouveau type de cimetière, les cercueils en bois sont remplacés par des cercueils en carton et les pierres tombales en granit par de simples plaques en calcaire pour l’identification des défunts. La durée des concessions est plus courte et le prix des obsèques moins onéreux. 

Les Catacombes de Paris 

cimetière catacombesA la fin du XVIIIème siècle, des mesures de salubrité publique conduisent à ordonner l'évacuation et la suppression des cimetières situés à l'intérieur de Paris. D'anciennes carrières furent choisies pour accueillir les ossements des défunts. Jusqu'au XIXème siècle, ces carrières allaient accueillir les restes de millions de parisiens issus de tous les cimetières de la ville. Cet ensemble de galeries souterraines devint l'ossuaire municipal. Situées à vingt mètres sous terre, d'une superficie de 2 km, les Catacombes de Paris sont devenues un lieu de visite dès le XIXème siècle. Parmi les ossements conservés figurent sans doute ceux de quelques personnalités initialement enterrées dans un cimetière : Rabelais (inhumé au XVème siècle), la Fontaine ou Charles Perrault (inhumés au XVIIème siècle). Pendant la Révolution, certains guillotinés furent inhumés directement dans les Catacombes ; d'autres y furent transférés après une première inhumation (Danton, Robespierre). Devenues un lieu touristique, les Catacombes de Paris accueillent environ 300 000 visiteurs par an. Elles sont rattachées au Musée Carnavalet depuis 2002.

Cimetières et célébrités

C’est aussi l’inhumation de personnalités qui contribue à la renommée de certains cimetières ; lieux de repos, ils deviennent également des lieux de curiosité ou de pèlerinage. L’un des plus célèbres est le cimetière du Père-Lachaise : il  abrite les sépultures d’Edith Piaf, d’Oscar Wilde, de Jim Morrison ou de Molière. Le cimetière de Montparnasse offre au visiteur les tombes de Baudelaire, Maupassant, Jean-Paul Sartre, Serge Gainsbourg. Le cimetière marin de Sète se signale par la beauté du site qui surplombe la mer…et par la sépulture de Georges Brassens. Quant aux aventuriers, ils pourront croiser la dernière demeure de Jules Verne au cimetière de la Madeleine à Amiens. Mais il existe des cimetières dont les pensionnaires anonymes ont néanmoins fait du site un lieu de mémoire : ce sont les cimetières militaires. Parmi eux, les cimetières américains de la côte normande, théâtres de nombreuses commémorations.