Expliquer la mort aux enfants

 

Le deuil est une épreuve qui n’affecte pas seulement les adultes : il concerne également les enfants. Comment aborder avec eux ce sujet particulier ? Comment les accompagner pour leur permettre de gérer au mieux une situation inédite et si perturbante ?  De 3 ans à 5 ans, l’enfant a une compréhension limitée de la mort. Il a de la difficulté à comprendre que la mort est définitive. Ce n’est qu’entre 8 et 12 ans qu’il prendrait progressivement conscience de son côté irrévocable et universel. 

 

 

L'enfant et le deuil

En général, c’est la perte des grands parents qui fait connaître à l’enfant son premier deuil. Même s’il ne comprend pas la situation, l’enfant peut ressentir la peine éprouvée par sa famille. Pleurs, troubles du sommeil ou de l’alimentation sont autant de manières d’y réagir. Dans un premier temps, il est important de rassurer l’enfant, puis de l’écouter, de répondre à ses questions et de l’inviter à exprimer ce qu’il ressent. Encourager l’enfant à parler est un moyen de lui signifier qu’il peut aborder ce sujet avec les adultes ; dans le cas contraire, il restera seul face à ses interrogations et la mort deviendra source d’angoisses. Un adulte qui exprime son chagrin et en parle avec l’enfant lui permettra de comprendre qu’il s’agit d’une émotion normale, qu’elle fait partie du processus de deuil et qu’il est lui aussi en droit d’exprimer ses émotions.

Parler de la mort à l'enfant

Pour expliquer la mort, il est préférable de ne pas utiliser d’expressions comme « s’endormir », par exemple, car l’enfant pourrait alors lui-même être angoissé à l’idée d’aller dormir. De la même façon, les expressions « partir » ou « s’en aller » peuvent pousser l’enfant à s’imaginer que le défunt peut revenir ; cela va l’inciter à attendre en vain. Le bon réflexe consiste à employer les mots justes et vrais : prononcer le mot « mort » et dire simplement que lorsqu’une personne meurt, c’est pour toujours. Elle ne revient pas. A cet égard, Il est important d’indiquer à l’enfant que la mort est une réalité qui fait partie de la vie et qui concerne tous les êtres vivants (on peut pour cela utiliser des exemples comme les animaux de compagnie). En toutes circonstances, il faut pouvoir rassurer l’enfant ; en cas de décès causé par une maladie grave, on lui expliquera que la mort n’est pas contagieuse. Si l’enfant exprime une quelconque culpabilité vis-à-vis du disparu, (il n’a pas été gentil, il a eu de mauvaises pensées) il faut l’assurer qu’il n’est pas responsable du décès de la personne concernée.

L'enfant aux funérailles ?

Pour de nombreux spécialistes, l’enfant doit pouvoir assister aux funérailles s’il en exprime le désir. Cette cérémonie lui permettra de mieux comprendre ce qu’est la mort et de faire ses adieux à la personne décédée avec le soutien de la famille et des proches. Il convient bien sûr de préparer l’enfant à ce qu’il va voir pendant la cérémonie. On peut d’ailleurs l’inviter à y participer en apportant un dessin, une lettre ou une fleur. On peut enfin accompagner le deuil de l’enfant en retournant avec lui sur la tombe du défunt après les obsèques.