Directives anticipées

L'essentiel

  • Les directives anticipées vous permettent d'anticiper une éventuelle fin de vie difficile et notamment d'empêcher tout acharnement thérapeutique
  • Vous pouvez rédiger vos directives sur papier libre, s'il mentionne votre identité
  • Depuis 2016, vous pouvez également définir des directives au sujet de vos données numériques

Les directives anticipées vous donnent la possibilité d’exprimer vos volontés dans l’hypothèse d’une fin de vie, notamment en ce qui concerne le plan médical. Il s’agit surtout d’exprimer vos désirs sur les traitements médicaux, la réanimation, la respiration artificielle, une intervention chirurgicale et le soulagement de la souffrance. Aujourd’hui, l’euthanasie n’est pas autorisée. En revanche, vous pouvez éviter tout acharnement thérapeutique dont vous ne voulez pas.

Les directives anticipées sont rédigées dans l’éventualité où vous ne pourriez plus exprimer votre volonté. Si elles semblent inappropriées à la situation médicale, le médecin peut toutefois refuser de s’y conformer. Elles servent néanmoins à orienter son action. Il pourra ainsi s’abstenir de prendre des décisions auxquelles vous vous seriez opposé.

Exprimer ainsi vos souhaits est un droit reconnu par la loi Léonetti de 2005. Mais vos directives doivent rester conformes à la loi. Il est donc préférable qu’elles suivent un échange avec un médecin. Nous vous conseillons aussi d’en parler avec vos proches, et de les informer de vos décisions.

 

COMMENT RÉDIGER MES DIRECTIVES ANTICIPÉES ?

Vous pouvez exprimer vos directives anticipées sur papier libre, par lettre manuscrite. Le document doit mentionner vos nom et prénom, votre date de naissance et le lieu où vous êtes né. Il doit également être daté et signé.

Si vous ne pouvez pas écrire, vous pouvez dicter vos directives anticipées à deux témoins qui le feront à votre place. Ils doivent alors indiquer leur nom, prénom et qualité, et doivent joindre une attestation de leur présence aux directives.

Certaines associations et certains organismes proposent également sur internet un formulaire de directives.

 

LES DONNÉES NUMÉRIQUES

La promulgation en octobre 2016 de la loi sur la République numérique vous permet également de « définir des directives relatives à la conservation, à l'effacement et à la communication de ses données à caractère personnel après son décès. Ces directives sont générales ou particulières. » Vous pouvez donc établir un testament numérique. En l’absence de directives, ce sont vos héritiers qui sont responsables de vos données numériques.

Vous êtes en droit de décider ce que vous voulez faire de vos données numériques après votre décès. Vous pouvez choisir de conserver les comptes ou de les fermer, d’effacer les données ou de les conserver.

Ces directives peuvent être annulées ou modifiées. Sachez également qu’il existe des sociétés qui peuvent vous aider à gérer votre mort numérique.

 

A QUI TRANSMETTRE MES DIRECTIVES ANTICIPÉES ?

Informez votre médecin et vos proches de vos directives anticipées et de l’endroit où vous conservez le document. Vous pouvez également demander à votre médecin traitant de joindre le document à votre dossier médical.

Vous pouvez les conserver chez vous ou les confier à un proche, mais il faut qu’en cas d’hospitalisation, vos directives anticipées soient facilement accessibles.

Vos directives anticipées sont valables trois ans et sont modifiables et annulables. Au-delà du délai de trois ans, elles doivent être renouvelées. Enfin, elles priment sur tout avis non médical, même celui de votre famille et de vos proches.